mercredi 26 mars 2008

10 au 20 mars: AMED

Bébés cochons destinés à être distribués aux enfants parrainés.


AMED !!! encore !

Mission de 10 jours dans les montagnes, ce fut plus que physique.
Au menu : départ 13h, quand le soleil tape au maximum, pour gravir les montagnes à pics sur des « chemins » quasi inexisants.


Arrivée dans les familles en nage, rouge, assoiffés, haletant pendant 30min. En même temps on avait pas trop le choix parceque les enfants terminent l’école à 12h donc le matin on peut pas les voir. Et si on attends trop tard dans l’après-midi on ne voit pas suffisamment d’enfants… Déjà en partant à 13h on parvenait à voir en moyenne 3 enfants, et on rentrait vers 18-19H.


Le soleil se couche à 18h ici ne l’oubliez pas. A 19h il fait nuit noire. Moyen pour déscendre des sentiers glissants, caillouteux, etcetc. Mais on est des sportives et au bout de quelques jours ça nous semblait plus si difficile. En revanche, au bout de 7jours on a commencé à beaucoup fatiguer. Il faut dire que on se levait quand même vers 7h30 le matin (enfin C seulement, T c’est plutôt 9h30-10h30) et il fait déjà une chaleur qui te plombe. Même en ne faisant rien on se sent fatigué…



Tiphaine femme battue...
Non en fait c'est une technique traditionelle balinaise contre certains maux de ventre, on frotte une pièce trempée dans une micture d'huile et d'oignons rouges, et voilà le résultat!


Bref, trecking dans les montagnes, on mettait en gros 1h-1h30 pour monter, sachant que les gens du coin il font ça tous les jours, comme si de rien n’était. Pour descendre au village, pour chercher de l’eau, pour aller à l’école. Et encore, là c’est la fin de la saison des pluies donc il y a de la verdure, mais en saison sèche tout brûle, il n’y a plus une petite feuille pour faire de l’ombre.

jeune couple le jour de leur marriage: lui a 20 ans et elle 17! fait exceptionnel, il l'entoure de son bras. Normalement pour des fotos "officielles" ils tirent tous la tronche.



En tout cas, cela nous a permis de voir les familles vivant dans les conditions les plus difficiles, quelques ex choisi (que certaines reconnaîtront ;)) :
- une famille qui vit dans une cabane en bambou minuscule, bordélique et TRES sale. Père mort il y a 10 ans. La femme a mis tout son argent pour payer les médicaments. Elle est encore en train d’essayer de payer les dettes. Les enfants : 3 garçons, dont un attardé mental de 17ans. Elle dort avec son fils attardé dans sa mini cabane (une pièce quoi). Les 2 autres dorment dehors sous un toit de bambou. Le fils attardé ne fait rien de la journée, il est un peu sauvage.




- une famille où le père à déjà 4 enfants, et il a récupéré les 6 enfants de son frère, parce que celui-ci est mort. C’est comme ça à Bali, les enfants « appartiennent » à la famille du père. Si le père meurt, et que la mère se remarie, automatiquement les enfants vont dans la famille du père. Bref, la femme s’était donc remariée et a laissé ces 6 enfants. Elle habite juste à côté et les voit pratiquement jamais. Difficile pour elle. La vie dans les campagnes ne fait pas de cadeaux aux femmes !! Les enfants du coup vivent dans la misère. Sur les 10,il y en a peut être 2 ou 3 qui ont pu aller à l’école. Maison petite, sale sale sale. Enfants qui travaillent dès leur plus jeune age.



- on arrive dans une famille, 2 petites filles sont alitées sous le « balé » (c’est une plate forme en bambou avec un toit de feuilles de palmiers. On trouve ça dans toutes les maisons. C’est là que les invités s’assoient en général. On y fait la sieste aussi, etc… dans les familles riches c en dur (béton, carrelage etc)). Ca faisait une mois ½ qu’elles étaient malades, faibles, avec de la fièvre. Apparemment il y en a une qui s’est « évanouie » pendant une semaine. La famille n’avait pas assez d’argent pour les emmener à l’hôpital. Bien sur, Dwi dit tout de suite que Anak payera pour les emmener au dispensaire ! On apprends 2 jours plus tard qu’elles avaient le typhus.




C’est dans ces moments qu’on a le plus envie de faire évoluer les choses et qu’on espère que le projet d’Anak est efficace, leur ouvre des perspectives. Et il faut dire que toutes ces familles expriment leur joie de pouvoir scolariser leurs enfants.



D’ailleurs il y au moins une chose qui réchauffe le cœur, c’est qu’ils n’ont pas le moral atteint par leurs conditions. Pour l’instant nous n’avons pas rencontré de parents ou d’enfants rageurs, aigrsi, tristes ou désabusés.
On en trouve des traces (le garçon dont le père est mort et qui est parti vivre avec ses 5 frères et sœurs chez son oncle était incroyablement renfermé. Mais l’oncle nous a dit que son père déjà était un silencieux.), mais ils sont essentiellement insouciants.
Celui qui m’a le plus impressionné c’est le jeune de 14 ans, Nyoman Suyana, dont le père est mort et le frère attardé (cité plus haut). Quand on l’a vu, il travaillait sur un chantier, comme tous les jours après l’école pour gagner de l’argent pour sa famille. Et ce garçon était diablement souriant et charmant ! Dwi dit qu’il est un peu coquin. Heureux de vivre, gentil, et pas bête en plus. Anak aimerait l’envoyer faire ses études à Gianyar pour lui donner encore plus de chances (c’est un très bon élève), mais il préfère rester près de sa famille pour les aider.

Sur une note bien plus festive : à Lila Cita, une fois de plus, il y a eu plein d’allers et venues, et on a pu passer de très bonnes soirées. Déjà nous sommes arrivées avec Dwi et Mama Kristin pour trouver Adèle, Juliana, Angel et la mère de Juliana, une sumbanaise de caractère (très marrante).
2 jours plus tard, Christine est repartie avec la mère de Juliana. Christophe et Sayo sont venus passer le week-end (c’est trop nos amis) (on se marre).
On a fait la découverte de Charlotte : une française de 30ans, qui en fait 24, venue pour 3 mois à Bali, qui s’est installée avec une famille de pêcheur et a ouvert un Warung avec eux ! Elle a déjà fait de l’humanitaire au Nepal, en Inde, et elle aimerait aider Anak pour l’entretien de la bibliothèque (tout un projet). C’est une fille avec beaucoup d’humour, qui a pas la langue dans sa poche et qui fonce !

On s’est donc fait une soirée avec Dwi et Adele, au vin blanc-saucisson. Que du bonheur !! Le plus drôle c’était de voir Dwi apprécier le vin et le saucisson autant que nous ! C’est pas un vrai balinais Dwi, il aime la charcuterie et les fromages qui puent. En tout cas, on forme une super équipe avec lui, on blague tout le temps, on se charrie… Grâce à lui on visite les familles les plus éloignées dans les montagnes (avec un balinais du coin, que se soit Pain (cf foto)
ou Gonta, tous les 2 adorables), et il sait parfaitement bien nous expliquer le pourquoi du comment, la mentalité, les raisons de certaines situations. Vraiment très enrichissant.
Il y a aussi eu la soirée au Warung Manga, celui de Charlotte, où on a enfin pu goûter au fameux ARAK ATTAK !!! ouaiiiiiiis ! L’arak c’est de l’alcool de palme, ça arrache bien comme il faut, et on en avait déjà bu du pur, et avec du Coca, mais c’était pas très bon. Arak Attak : Arak, miel et citron. Ca se boit comme du petit lait. Pour sûr j’en ramènerai une bouteille !! (je connais un ou deux Hibons qui seront contents :P)


La dernière soirée on l’a passé avec Charlotte et 2 jeunes balinais du village d’à côté. On est en fait partis de nuit (c'est-à-dire 20h, haha) pour faire de la pêche auuuuuu….. BARACUDA !! (ba-ra-cu-daaaaa !) Ou plus précisément au bébé baracuda. Hihi. On était à 5 sur un petit bateau (ceux dont on vous parlait la dernière fois, bateau de pêcheur), près de la côte, là où il y a pleins de coraux et de poissons exotiques, il faisait doux, c’était presque la pleine lune, les étoiles scintillaient… magique ! Bon, au final, on en a attrappé qu’un seul de baracuda, mais c’était vraiment super sympa.


Et puis ça nous a changé d’être avec des jeunes balinais pêcheurs sympas, et pas des balinais beachboy comme il y en a tant à Amed, qui cherchent les touristes pour 1.coucher avec, 2.récuperer le maximum d’argent. Et 3.le top du top : qu’elle tombe amoureuse d’eux et décide d’ouvrir un resto ou hôtel dans le coin, qu’il pourra ensuit gérer pendant qu’elle fait ses allers retours Europe/Bali. Il y a pleins de cas comme ça là bas. En plus, ces garçons sont pratiquement tous déjà mariés avec des enfants. Bref, nous on les fuit, et c’était bien sympa de pouvoir passer une soirée avec des jeunes tranquilles.


C’est fatiguées, mais contentes qu’on est rentrées à Blahbatuh !

1 commentaire:

Cloclo a dit…

Pas mal votre séjour!

Pourquoi ils sont bleus les gens? ;-) c'est l'Arack Attack?