Il y a deux semaines déjà (eh oui, Internet c pas tous les jours) nous avons passé une semaine à Amed pour s’acclimater au terrain et rencontrer des enfants… Amed, c’est une succession de petits villages de pêcheur sur la pointe Est de Bali. En fait la montagne tombe directement vers la mer et les maisons vont du bord de mer à très haut dans la montagne, c’est assez impressionnant !
On logeait à Lila Cita, la maison de l’asso, qui est au bord de la mer, avec deux femmes de Sumba (une île au dessus de l’Australie) Yuliana et Adele. Plus la petite Angel de 3ans, fille de Yuliana, hyperactive et bruyante.
On vient de raccourcir l’histoire car en fait, après 1heure d’attente sous le déluge, l’eau envahissait la voiture de toutes parts, Dwi(le plus petit !) n’avait plus pied , T la moyenne, en avait jusqu’aux oreilles et C, la plus grande, jusqu’aux épaules… !heureusement, C a pu chopper un portable dans une pochette hermétique et a appelé les urgences balinaises qui nous ont envoyé ( avec la rapidité balinaise… !)un hélicoptère.imaginez, on a grimpé comme dans les films, avec une échelle et tout…vue imprenable, le vent soufflait(56 noueuds !), la terre tremblait…le problème est que l’hélico nous a déposé sur un paquebot de touristes qui partait vers l’ Egypte donc on est arrivés seulement pour le dîner( il était un peu froid d’ailleurs) à Amed grâce à un sous-marin de passage. Et bah après tout ça, on a bien dormis !
Toujours est-il que l’étang croupissant à côté de la maison s’est transformé en rivière qui se jettait dans la mer, et que les villageois ne pouvaient même plus traverser parce qu’ils avaient (et on ne rigole pas cette fois) de l’eau jusqu’à la poitrine et que le courant était trop fort. Photos à l’appui !
D’autre part, il a plu pratiquement non stop pendant nos 6jours là-bas. On a du avoir quelques rares heures de répit par jour, où on a profiter pour se précipiter dehors, se promener dans le coin, rencontrer des familles…
Ainsi quand Dwi est parti, c’est Yuliana qui nous a servi de guide de haute montagne (bien que les tongs ne soient pas l’idéal).
Quand Dwi est revenu en fin de semaine, on en a profité pour visiter deux familles vraiment pauvres, d’autant plus qu’elles habitent haut dans la montagne. Et les transports en commun, on vous l’a déjà dit, ici ce n’est pas évident ! D’ailleurs, Amed est vraiment privé de tout transport en commun ; un unique camion ouvert transporte tous les petits collégiens chaque matin vers l’école mais il ne profite qu’à ceux qui habitent en bord de route. Et il est financé par Anak !
La première famille ne possède que deux cabanes en bambou, une pour la cuisine et une pour l’unique chambre. Ils ont réussi à trouver un minuscule terrain plat (30 ou 40 m²) en plein milieu de la montagne, et ils ont sauté sur l’occasion ! Bien entendu, impossible pour eux de faire monter des pierres, se serait beaucoup trop cher. Ils sont à même la terre battue, les poules et les chiens vivent avec eux. En tout cas, la vue est imprenable ! On est face au large, la baie est toute en dessous de nous, les volcans les entours. Sublime.
Le petit garçon parrainé a reçu pour la première fois un gros colis de la part de sa marraine avec des vêtements, des crayons de couleurs, des ballons (qu’aucun membre de la famille ne parvenait à gonfler !), du café… d’ailleurs, c’est la première fois qu’une famille ne nous propose ni thé, ni pop corn (région qui cultive le mais), preuve de leur situation vraiment très précaire.
Le chemin était bien pentu par endroit, mais vu la vue (jeux de mots !), ça valait vraiment la balade de deux heures dans toutes ces montagnes. Au passage, Gonta le pêcheur qui nous accompagnait chez lui pour voir son bébé malade, nous a cueilli des petites baies très acides…on a du traverser des rivières aux pierres un peu glissantes en tong pas chers (!), éviter les plantes un peu trop piquantes, sauter de 50 cm de haut… ! N’empêche que c’est de la vraie randonnée de montagne, et qu’il va falloir qu’on se trouve des croquenots un peu plus solides !
Le lendemain matin, Gonta a accepté de nous emmener à la pêche ! On s’est levée 4h30, et à 5h les bateaux prenaient le large. T est monté avec Gonta, C avec le frère de celui-ci, parce que les bateaux sont des petites barques avec 1 stabilisateur de chaque côté, et on tient pas à plus de 2 !
Et ça devient évident que Bali est une île volcanique... Que de sommets! C'est vraiment une vision irréelle.
Pour la petite histoire (hommage à Fadoi), résultat de la pêche : T aucun poisson, C une cinquantaine ! En fait, en pleine mer ils jettent leurs 3 filets, qu’ils indiquent avec une bouée flottante. Ensuite, dans le cas de T, les filets restaient accrochés au bateau et il les tirait derrière lui. Puis il les remontait un à un.
Dans le cas de C, les filets n’étaient pas accrochés et ils sont juste restés pas trop loin, à admirer le lever du soleil… Et c’est assez amusant d’être perdue en pleine mer avec un pêcheur muet.
Avec le soleil, on se rend compte que la mer est constellée de bateaux ! Le plus rigolo, c’est de les voir se héler les uns les autres, et pas se tromper de personne.
Le pêcheur de C en a aussi profité pour laisser une ligne avec des hameçons tous les 10cm, mais au final il n’a rien attrapé avec… Les voir remonter le filet c’est aussi impressionnant. Ils tirent à la main, et décrochent les poissons emmêlés un par un. Un travail très physique, qui doit en plus leur brûler les mains… Le travail de pêcheur, ce n’est pas de la blague. Surtout quand on voit que parfois ils n’attrapent rien, ce qui signifie aucun revenu pour toute la famille (dans le cas des familles très pauvres).
Au final, T est rentrée la première, et un ami pêcheur lui a fait don de 3 poissons. Et C est arrivée un peu plus tard, très fière, avec deux maquereaux dans chaque main !
Fin de la semaine, Dwi nous ramène à Blahbatuh dimanche soir pour qu’on soit prêtes pour l’arrivée de toute la clique de français ! ;)
1 commentaire:
Ahh bein enfin de l'action!!!
On a vraiment cru que cette ile était possédée par la Berryte (Pour C qui expliquera à T ce que c'est)
Bravo les girls vous êtes super démerdes ;-) Entre la pêche au maquereau et la pêche au sous-marin il n'y a qu'un pas. Les beau maquereaux ;-)
Bon c'est sympa d'avoir de vos nouvelles et on commence à bien sentir comment se passe la vie locale. Le temps imprévisible, les chemins difficiles d'accès, les habitants rieurs mais pauvres et au final le réconfort de la piscine à la maison !
Gros bizoo et bon courage pour l'arrivée des Frenchies!
Clo
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