NOTRE MISSION ! Enfin tout ce que vous avez toujours voulu savoir dessus !On récapitule : nous visitons chaque famille parrainée par Anak pour faire un état des lieux complet, sur la famille, l’enfant, les conditions de vie, le niveau social, les activités, etcetera. On récupère le maximum d’info possible qu’on tape ensuite sur ordi, on rajoute les photos prisent sur place,
et on redonne tout ça au bureau.Des enfants au total il y en a 162, qui se répartissent dans les trois régions Amed, Pakisan et Panji Anom. Bien entendu ils ne sont pas tous regroupés dans le même village, ou plutôt un village ça s’étend parfois du bord de mer, à là haut dans la montagne à 4h de marche, sans route ni chemin ni sentier.
Parfois c’est à 1h de route, mais comme on a pas toujours de moyen de locomotion… Bref, c’est une aventure rien que d’y aller ! 
On a profitées de ces 2 semaines de check-up pour visiter quelques familles. La première fois, c’est Yuliana qui nous a emmené. Nous avons bien sur établi tout un questionnaire élaboré avec des questions parfois fort indiscrètes, et on se demandait comment ils allaient réagir… Eh bien dans l’ensemble plutôt bien ! Comme on leur explique bien à chaque fois notre rôle, le pourquoi de ces questions, ils répondent tous… Parfois les explications ne sont vraiment pas clairs, surtout avec certains qui ont des histoires compliqués (le père remarié 3fois, des demi-frères et sœurs partout, etcetc), mais il faut être patient. Et dans notre approche déjà on y va en douceur. On arrive, on s’installe avec quiconque est là (mais il faut toujours la présence de l’enfant parrainé), on papote un peu, on apporte des biscuits pour les enfants, parfois ils nous offrent du thé… Les voisins passent, les oncles, les tantes, les grands-parents, les gamins curieux.
On est toujours bien accueillis, et ces moment passés avec eux sont vraiment les plus intenses, les plus forts, et les plus gratifiants qu’on ait eu depuis qu’on vit à Bali. Et c’est incroyable tout ce que l’on découvre. De ce qu’ils nous révèlent, des remarques anodines, des choses qu’ils taisent et qu’on apprend par les voisins.Par exemple, l’un des jeunes, lorsqu’on lui a demandé ce qu’il aimait manger, à répondu « du poulet au miel ». Interloquées on lui demande quand est-ce qu’il a l’occasion d’en manger. Il répond « Avec un touriste qui vient chaque année, et qui à chaque fois invite tous les jeunes garçons du coin au resto ». Rien que ça. Il s’avère que c’est un vieil homosexuel notoire, de là à savoir s’ il est aussi pédophile… On doute que les enfants ne révèlent quoique ce soit. A Amed, le tourisme sexuel existe, que se soit des « beach boy » balinais, ou des femmes. Dans le coin, les villageois maintenant se méfient des hommes blancs qui se promènent seuls, il y a eu trop d’histoires de pédophilie. Beaucoup de familles se taisent, l’argent leur ferme la bouche. C’est vraiment dur. Le plus déroutant pour nous, c’est qu ils ne se rendent pas toujours compte de la gravité de ces actes. Un deuxième ex : Yuliana elle-même nous a raconté l’histoire d’un homme blanc, qui est venu donner des sous-vêtements aux petites filles pour ensuite les prendre en photo avec. Elle trouvait ça amusant.Voilà le type d’histoires qu’on découvre.
Il y a aussi le cas de familles qui font semblant d’être pauvres, ou de l’être encore (!) pour bénéficier du parrainage. Un dilemme pour Anak ! D’où l’importance de faire extrêmement attention à tous les détails quand on vient les voir. D’être attentives à ce qu’ils disent, et de formuler les questions d’une certaine manière. C’est pourquoi c’est essentiel qu’on soit toujours accompagnées par quelqu’un du coin, car ils sont capables de discerner les indices qui trahissent et les mensonges. Pour nous c’est un peu mission impossible.
Dans l’ensemble, on observe une absence d’hygiène inquiétante.

Ci dessus un psoriasis généralisé d'un bébé: il se gratte en permanence et répand le pus sur tout son petit corps.
C’est plus propre chez ceux qui ont des maisons en dur, et qui ont un accès facile à l’eau. Quoique, même pas toujours.
la famille cochon...Ci-joint l’exemple d’une famille, qui vit dans la montagne, on a du grimper des rochers pour y accéder (T est descendu sur les fesses, C a fini pieds nus).
Voilà un cas typique : ils possèdent deux huttes en bambou, l’une pour vivre, l’autre pour faire la cuisine. 
Ils jettent les déchets sous la maison. Tout traîne en vrac, ils sont sales avec des vêtement en mauvais état, les chiens galeux et les poules malades dorment avec eux. Eh oui, le gouvernement refuse de reconnaître les cas de grippe aviaire à Bali. Tout comme ils ne reconnaissent pas les cas de paludisme (Pensez vous ! Ce serait bien trop grave pour le tourisme !).Bref ! En tout cas, ça ne les empêche pas d’être toujours très accueillant, souriant, de rigoler avec nous.

Et là c’est reparti pour une nouvelle semaine d’aventure à Pakisan…
1 commentaire:
Super les filles!!
C'est hyper intéressant ce que vous nous racontez, on a presque l'impression d'y être! Au poil de biquette près!
Est ce que vous pouvez nous raconter aussi ce qui est fait avec les données récupérées. Comment fonctionne l'assoce par exemple.
Bon courage pour tous les sporiasis et autre saletées!!
Gros bisoox de Paris,
Clo
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